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Les maires de Paris, Milan et Phoenix, Emmanuel Grégoire, Giuseppe Sala et Kate Gallego, ont signé une tribune commune publiée dans les pages de The Guardian, ce lundi 7 septembre.

Évoquant cet été caniculaire, et rappelant la tenue, fin juin, alors que l’Europe bouillait, de la London Climate Action Week, pendant laquelle les participants ont partagé leurs solutions pour protéger les habitants vulnérables, communiquer sur les risques et repenser les quartiers pour faire face à des étés plus chauds, les trois édiles ont rappelé un triste chiffre : cet été, à travers l’Europe, plus de 14 000 personnes ont perdu la vie à cause de la chaleur.

Ils mettent en avant dans cette tribune une question à laquelle ils sont tous trois confrontés : « Comment protéger des millions de personnes lorsque les épisodes de chaleur extrême ne sont plus des événements exceptionnels, mais deviennent une composante de plus en plus familière de l’été ? » Une problématique à laquelle Phoenix, située dans le désert de l’Arizona, aux États-Unis, est confrontée depuis plusieurs décennies, et qui constitue désormais l’un des principaux défis pour Paris et Milan. « Phoenix a appris, parfois à ses dépens, que la chaleur extrême ne pouvait pas être considérée comme un simple phénomène météorologique. Elle influe sur les décisions en matière de transports, de logement, de santé publique, d’espaces publics et de planification des situations d’urgence. La préparation à l’été commence bien avant que les températures ne commencent à grimper. »

Programmes en faveur des écoles

Ainsi, la ville américaine a mis en place des services municipaux consacrés à la surchauffe et aux solutions adéquates. La démarche repose sur « une aide immédiate face aux épisodes de chaleur extrême, en particulier pour les personnes les plus vulnérables, et sur le renforcement de la résilience à moyen et long terme grâce à la mise en place de solutions de rafraîchissement destinées à rendre la ville plus sûre et plus confortable ».

Parmi les mesures citées figurent notamment une couverture ombragée de 75 % dans les nouvelles constructions situées dans les zones où l’activité piétonne est importante, ainsi que des programmes spécifiquement destinés aux écoles, aux usagers des transports en commun et aux personnes les plus vulnérables. La ville a également recours à des traitements de surface réfléchissants appliqués sur les bâtiments et les chaussées. Par ailleurs, la loi impose aux propriétaires de maintenir une température intérieure sûre, soit 28 °C ou moins.

Adaptation

Remarque de Paris et Milan : ces deux villes sont des cités anciennes, bâties à une époque où le climat était bien différent. La solution réside donc dans l’adaptation. Ainsi, Paris indique que « chaque habitant vit désormais à moins de sept minutes à pied d’un espace de fraîcheur. La ville compte aujourd’hui plus de 1 400 de ces espaces, où chacun peut se rafraîchir pendant une vague de chaleur ». Elle évoque également « Paris à 50 °C », organisé en octobre 2023, un exercice destiné à tester la capacité de réaction de la municipalité et de ses partenaires, mais également à améliorer la planification et la coordination des futures réponses aux situations d’urgence liées à la chaleur.

Emmanuel Grégoire, Giuseppe Sala et Kate Gallego rappellent qu’« aucune ville ne peut simplement importer le modèle d’une autre. La géographie, l’histoire et les réalités politiques diffèrent partout. Mais chaque maire a le devoir envers ses habitants de rechercher les meilleures idées mises en œuvre dans les villes du monde entier. À travers le réseau C40 Cities, près de 100 des plus grandes villes du monde partagent des solutions climatiques au bénéfice de leurs habitants et de leurs entreprises. »

« Planter des arbres, rafraîchir les écoles, repenser les rues, améliorer les bâtiments et développer les systèmes d’alerte précoce sont souvent présentés comme des politiques climatiques. Ce sont aussi des mesures de santé publique, des investissements dans les économies locales et des améliorations concrètes qui rendent les villes plus agréables à vivre tout au long de l’année. »