Somfy et Verian ont publié leur baromètre 2026 sur Les Français et leur logement face aux transitions. En pleine canicule, pour la seconde fois en 15 jours avant même le début du mois de juillet, les résultats raisonnent particulièrement.
L’étude traite du logement face à la nouvelle donne climatique, du ressenti des Français face à la chaleur, de la manière dont les Français y font face dans leur logement, des équipements envisagés et des enjeux pour adapter les logements.
Lien privilégié avec le logement
Avec un parc immobilier pensé pour le froid et non pour les fortes chaleurs, et alors que l’exposition aux vagues de chaleur va doubler en 10 ans, l’étude fait le constat que 80 % du parc de 2050 existe déjà aujourd’hui et n’est pas adapté au changement climatique. Par ailleurs, les politiques publiques sont largement centrées sur l’hiver et très peu de solutions sont mises en place pour adapter les bâtiments aux contraintes de l’été.
Concrètement, le Baromètre indique que 71 % des Français déclarent que la chaleur impacte au moins un des aspects de leur vie, que ce soit le sommeil, le bien-être général, les loisirs, la santé… Un chiffre qui monte à 86 % pour les habitants de petits logements.
Et pourtant, les Français ont un lien privilégié avec leur logement. L’un des critères majeurs est l’isolement, perçu comme un facteur impactant la satisfaction globale. En revanche, le confort thermique constitue un point de fragilité. 29 % des personnes interrogées en sont insatisfaits en hiver, 25 % en été. Et un tiers des Français estiment que leur logement n’est pas adapté aux fortes chaleurs, même quand ceux-ci sont bien isolés. L’inquiétude majeure (73 %) : l’augmentation des coûts énergétiques du logement. 40 % s’angoissent quant au vécu des épisodes de fortes chaleurs et six Français sur dix, dont le logement n’est pas adapté, se déclarent inquiets face aux canicules.
Écogestes
Le taux d’équipement pour lutter contre la chaleur dans les logements est solide. 91 % des Français possèdent des volets ou des persiennes, 25 % des stores. Et si la France à la culture du volet roulant, d’autres pays nous montrent l’intérêt de la combinaison de différentes solutions pour le confort visuel et thermique.
En termes de pratiques, les écogestes sont connus mais peuvent encore être améliorés quant à leur fréquence. Pour exemple, si 77 % des interrogés savent qu’il faut fermer les stores avant l’arrivée du soleil, 54 % indiquent ne pas le faire systématiquement.
Dans l’énumération des solutions mises en œuvre (créer des courants d’air, limiter l’usage d’appareil chauffant, utiliser un ventilateur…), l’une inquiète plus que les autres : 17,5 % recouvrent les fenêtres avec des couvertures de survie pour se protéger de la chaleur. 4 % le font quotidiennement.
Le frein principal est le coût pour un Français sur deux.
Autre constat, la gestion des protections solaires est encore trop peu performante. Cela met en lumière un décalage surprenant : les Français ont intégré le problème de la chaleur mais restent sous-équipés pour y répondre efficacement. Ainsi, 52 % possèdent uniquement des équipements commandés manuellement, 33 % des équipements motorisés et 3 % des équipements automatisés. Et pourtant, on mesure de -4 à -7°C de gain de confort thermique lors des vagues de chaleur avec une protection automatisée (étude TBC pour la Fédération française du bâtiment de 2010) et jusqu’à -70 % des besoins énergétiques liés à la climatisation avec une protection solaire automatisée (simulations Somfy validées par Carbone 4 selon plusieurs critères).
Taux de climatisation
Concernant les systèmes de rafraîchissement, 65 % possèdent un ventilateur, 34 % un système de climatisation. Le taux de climatisation est d’ailleurs en constante augmentation : 14* % en 2016, 25* en 2020, 34 en 2026. Et 16 % des Français envisagent d’installer un système de climatisation pour se protéger de la chaleur. Cela devant les protections solaires (10 %), l’isolation des murs (9 %) ou encore le remplacement des fenêtres (8 %).
Et pourtant, si la climatisation peut s’avérer indispensable dans certains cas (Ehpad, hôpitaux, logement de personnes âgées et/ou fragiles dans des régions chaudes comme le Sud-Est), elle a un impact évident sur les factures d’électricité. EDF parle de +25 % pour plus de quatre heures d’utilisation par jour. Sans compter que le réseau électrique devra absorber l’électrification croissante des usages prévue par le plan d’électrification 2026.
*La climatisation dans le bâtiment, Ademe, 2021
Adapter les politiques publiques
- Massifier l’adaptation des logements (intégrer le confort d’été à MaPrimeRenov, en global et par geste).
- Simplifier l’installation de protections solaires, et notamment assouplir les règles d’installation des volets et stores sur le bâti ancien.
- Appliquer la réglementation existante : selon l’article 30, arrêté du 3 mai 2007, lorsqu’un logement est climatisé, les protections solaires sont obligatoires.
- Améliorer la prise en compte du confort d’été dans le DPE.