Le 19 mars 2026, l’AIMCC et la FFB ont réuni près de 150 acteurs de la construction pour échanger sur les enjeux du nouveau règlement européen sur les produits de construction et le marquage CE, le secteur se préparant à une transformation majeure.

Le 19 mars dernier, l’Association des Industries de Produits de Construction (AIMCC) et la Fédération Française du Bâtiment (FFB) ont organisé une rencontre à Paris pour restituer les résultats d’un travail commun sur le nouveau règlement européen produits de construction (RPC) et son impact sur la filière. Près de 150 professionnels ont participé à cette journée, marquée par des échanges sur les avancées et les défis liés à sa mise en œuvre.

Animée par Stéphanie Tucoulet (AIMCC) et Nawfal Boutahir (FFB), la rencontre a été introduite par Jens Schumacher, expert de la Commission européenne, qui a rappelé les objectifs du texte : renforcer la transparence, améliorer la traçabilité et accélérer la performance environnementale des produits. Mais les professionnels ont néanmoins souligné les zones d’ombre et les coûts potentiels élevés, notamment pour les PME et artisans.

Exigences renforcées

Plusieurs intervenants ont détaillé les implications concrètes du RPC. Sarah Medynski, responsable du suivi RPC au CSTB, a présenté une étude d’impact mettant en lumière de nouvelles déclarations de performances et de conformité, ainsi que des exigences environnementales renforcées, incluant le passeport numérique des produits (DPP). Une innovation saluée sur le principe, mais qui pourrait représenter un investissement lourd pour les entreprises, selon Christel Jimenez (TBC Innovations), dont l’étude révèle des impacts financiers directs pour 53 industriels et 35 entreprises du bâtiment interrogés.

Philippe Gruat, président de l’AIMCC, a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre pragmatique : « Ce nouveau règlement n’est pas une simple évolution réglementaire, mais une véritable transformation du cadre européen et de nos pratiques. Une application trop théorique et rigide risque de créer des charges disproportionnées pour l’industrie, à un moment où elle doit déjà investir massivement pour se transformer. »

Un équilibre à trouver

Pour Franck Perraud, vice-président de la FFB et président du conseil des professions, la réussite du RPC dépendra de sa capacité à apporter une réelle valeur aux acteurs de terrain, sans alourdir les charges administratives. Les entreprises du bâtiment, en première ligne, réclament des règles claires et applicables, ainsi que des informations produits fiables et accessibles.

Deux points de vigilance ont été identifiés :

- La lisibilité des informations : les entreprises doivent pouvoir accéder facilement à des données fiables pour choisir et utiliser les produits.

- Le passeport numérique des produits (DPP) : une avancée majeure, mais dont la mise en œuvre pourrait s’avérer complexe pour les petites structures.

Accompagner la transition

Les échanges ont également souligné l’importance d’un dialogue continu entre les pouvoirs publics, la Commission européenne et les professionnels. La France, déjà avancée sur les données environnementales (FDES, PEP, RE2020), pourrait servir de modèle, à condition que les délais et les moyens soient adaptés.

Philippe Gruat et Franck Perraud ont salué le rôle central de la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP) dans l’accompagnement de cette transition. Ils ont appelé à une coopération renforcée, tant au niveau national qu’européen, pour éviter que le RPC ne devienne un frein à la compétitivité du secteur.