Première conférence de presse sur l’activité du bâtiment pour le nouveau président de la Fédération française du bâtiment Frédéric Carré, et les nouvelles ne sont pas bonnes.

« La situation est préoccupante et les perspectives dégradées ». C'est ainsi que la FFB a titré sa dernière note de conjoncture. En cause, notamment, les conflits au Moyen-Orient, qui se traduisent par une nouvelle détérioration pour le bâtiment, pourtant déjà fragile. L’inquiétude des donneurs d’ordres, l’impact sur les prix des matériaux et la dégradation du marché du crédit pèsent sur l’activité.

Et pourtant, en début d’année, les chiffres repartaient - doucement - à la hausse. Mais au vu de la situation internationale, rien ne va. Ni les logements neufs (on estime au mieux à 321 000 mises en chantier le rythme annuel 2026 sur la base des quatre premiers mois, encore 35 000 unités en deçà de la moyenne des 40 dernières années), ni le non résidentiel, avec des surfaces commencées qui se maintiennent au faible niveau de 22 millions de mètres carrés en rythme annuel. Quant à l’amélioration-entretien connaît son sixième trimestre consécutif de baisse d’activité, avec même une nette amplification du mouvement à -2,6 % en volume au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025.

Repli de l’emploi

Et malgré cela, le gouvernement réduit encore les budgets de MaPrimeRénov’ (-300 millions d’euros) et du Fonds vert (-168 millions d’euros). « C’est une décision incompréhensible ! Près de 60 000 entreprises se sont qualifiées RGE, elles ont embauché et formé, et on leur retire le tapis sous les pieds. Les errements des pouvoirs publics sur MaPrimeRénov’, les CEE, le photovoltaïque, etc. cassent progressivement le marché qui devait porter l’avenir. Et l’écart entre les objectifs du gouvernement (rénovation des quatre millions de logements F et G d’ici 2035 dans la SNBC 3) et les moyens mis en œuvre ressort abyssal », réagit Frédéric Carré.

Conséquence directe, l’emploi se replie (-11 000 postes perdus au premier trimestre 2026 sur un an, près de 55 000 emplois disparu depuis 2022) et la situation financière des entreprises se tend. « Sans doute faut-il y voir les premiers effets de la hausse des coûts des matériaux liée au conflit dans le Golfe d’Ormuz. Mais il faut aussi signaler des délais de paiement qui restent longs, trop longs, notamment dans la commande publique. La FFB relance donc le combat pour la trésorerie des entreprises. Stop aux délais dépassés ou cachés, aux retenues abusives en fin de chantier ! »

Demandes urgentes

S’appuyant sur deux souhaits fondamentaux - investir dans l’avenir pour répondre aux besoins en bâtiment dans le pays et tenter de tenir l’emploi sur tout le territoire - La FFB liste plusieurs demandes :

- Soutenir le marché, ce qui nécessite le vote d’une véritable loi de finances pour 2027.

- Mettre la rénovation énergétique et, plus largement la transition écologique au cœur des débats de l’élection présidentielle. Et, d’ici là, tenir ses engagements, ce qui implique de publier les textes d’application de la TVA à 5,5 % sur les pompes-à-chaleur air-air et de redonner à MaPrimeRénov’ son périmètre large, y compris en faveur du monogeste isolation.

- Préserver le marché du crédit immobilier, et notamment pérenniser rapidement la pondération dérogatoire du risque sur le crédit immobilier présente aujourd’hui dans les règles de Bâle III.

- La préservation des allègements de charges patronales sur les bas salaires et le maintien d’un niveau d’aide incitatif

- Mise en place d’un observatoire sur la formation des prix des produits et matériaux du BTP.