Avant toute question de conception, l’importance de la pose est primordiale, la qualité de mise en œuvre optimisant les performances des portes. « Un produit qui n’est pas parfaitement posé, au niveau, aligné avec des tôles d’habillages isolées provoquera des déperditions, même en position fermée, et donc de jour comme de nuit. D’où l’importance de faire poser les portes par des techniciens agréés », explique Robin Heilig.
Les industriels misent sur la formation pour assurer la performance de leurs produits, avec des centres en interne. Portalp dispense des formations de différents niveaux, obligatoires pour tous les techniciens, certains pour la maintenance, d‘autres pour la pose. Au fur et à mesure que le technicien évolue au sein de l’entreprise, il passe les différents niveaux.
Le problème des ponts thermiques
Softica propose elle aussi un programme de formations spécifique. « Dans la majeure partie des cas, nous confions l’installation de nos produits à des poseurs agréés Softica », indique Yannick Bocquet, dirigeant de Softica. « Ils sont le plus souvent titulaires d’un certificat de capacité pour les techniciens SAV. Des sous-traitants peuvent travailler avec nous quand nous avons besoin de plus d‘effectif mais il s’agit la plupart du temps d’anciens salariés qui connaissent très bien les produits. Enfin, pour nos portes piétonnes vendues à des distributeurs externes, nous fournissons bien sûr des notices et proposons des formations en interne. La formation est un axe de performance important. »
Une pose de qualité permet notamment de contrer un des problèmes majeurs des fermetures : le pont thermique. La pose ne sera pas la même en fonction du support (béton, acier, bois…), des conditions propres au bâtiment, de la présence ou non de joint… « Lorsque l’on fixe une coulisse en acier directement sur une structure en acier, on crée immédiatement un pont thermique, c’est une des pires configurations », donne Marie- France Javey en exemple. « On recommande alors de placer un joint polyuréthane ou équivalent entre la coulisse et le support afin de casser la conduction thermique, permettant d’éviter la condensation, des déperditions de chaleur ou des transferts de froid. C’est un petit détail mais s’il est oublié, cela a un impact réel sur la performance de l’ensemble. »
Facteur économique
Deuxième critère de choix : l’automatisation. S’il est évident aujourd’hui qu’une porte qui ne s’ouvre que quand cela est nécessaire est forcément un avantage en termes de consommation énergétique, rappeler des chiffres est toujours plus parlant. En novembre dernier, Pouget Consultants, à la demande du groupe métier « Portes automatiques piétonnes » du Groupement Actibaie, a publié une étude sur l’efficacité des portes automatiques piétonnes. L’objectif : démontrer leur intérêt par rapport aux portes manuelles. Et les résultats sont sans appel.
Certes, ces derniers évoluent en fonction de divers critères (orientation, nombre et taille de surfaces vitrées, lieu géographique, obstacle au soleil…). Néanmoins, l’étude indique que mettre en place une gestion automatique permet des gains moyens de 10 % par rapport à une gestion manuelle. Soit entre - 10 kWh/ m2 et - 15 kWh/m2. Sur des bâtiments de plus de 1 000 m2, le résultat est édifiant. « Avec le coût de l’énergie, cela devient un facteur économique important », estime Marion Begel, responsable RSE de Softica, qui précise : « La porte automatique piétonne peut être couplée électroniquement à la source de climatisation ou de chauffage. Ainsi, lorsqu'elle est bloquée en position ouverte, elle peut repasser en mode automatique quand le chauffage ou la climatisation se mettent en route. »
L’indispensable contrat de maintenance
Outre l’importance de la pose, du mode de gestion et de la conception en elle-même, la maintenance et l’entretien font partie de l’équation pour des portes performantes. Obligatoires pour des raisons de sécurité, les opérations d’entretien et de maintenance permettront d’avoir une porte bien plus étanche qu’un modèle mal ou non entretenu.
D’ailleurs, qui dit porte automatique dit contrat de maintenance. Une obligation imposée par deux textes de loi, l’article CO 48 de l’arrêté du 25 juin 1980 qui impose un contrat de maintenance et l’article 9 de l’arrêté du 21 décembre 1993 du Code du Travail qui précise que les portes ou portails automatiques ou semi-automatiques installés sur les lieux de travail doivent être entretenus et vérifiés périodiquement et à la suite de toute défaillance. La périodicité des visites est au minimum semestrielle et adaptée à la fréquence de l’utilisation et à la nature de la porte ou du portail. À vérifier notamment : les éléments de guidage (rails, galets…) ; les articulations (charnières, pivots…) ; les fixations ; les systèmes d’équilibrage ; tous les équipements concourant à la sécurité de fonctionnement. Les interventions (visites périodiques, travaux divers, dépannages) doivent être réalisées dans le cadre d’un contrat écrit et consignées dans un livret d’entretien.
À noter, le contrat de maintenance est fortement recommandé pour les particuliers.
L’importance de la conception
Au-delà de l’avantage évident de l’automatisation, les industriels rappellent que la conception même des produits les rend performants du point de vue énergétique. S’il y a 10 ans, les portes automatiques piétonnes étaient en très grande majorité en simple vitrage, désormais, une forte proportion est demandée, voire imposée, avec une conception double ou même triple vitrage, des verres basse émissivité et à remplissage à l’argon intégrés dans des profilés à ruptures de pont thermique.
Ces nouvelles conceptions permettent la transmission de la lumière tout en limitant les échanges de températures intérieures et extérieures. Sans compter le progrès des menuiseries qui sont elles aussi bien plus performantes aujourd’hui. Pour autant, Marion Begel estime que le travail n’est pas terminé. « Notre bureau d’études travaille de plus en plus vers l’écoconception, qui peut être optimisée, et qui permettrait d’encore mieux isoler les portes et d’augmenter leurs performances énergétiques. »
Concernant les portes industrielles, les installateurs peuvent proposer des portes sectionnelles avec des panneaux sandwich en double paroi acier et mousse isolante polyuréthane, avec joints périphériques renforcés « Ce type de porte va être idéal dans les zones où l’ouverture est peu fréquente et où l’on veut conserver la température », note Marie-France Javey, qui évoque également des rideaux isolés en acier ou en aluminium. « Le rideau peut être une alternative stratégique entre une porte sectionnelle et une porte souple rapide. Il offre un bon compromis : vitesse de manœuvre adaptée, bon niveau d’isolation et fonctionnement intensif. »
À suivre… Les temps d'ouverture/fermeture et la lumière naturelle, deux critères sous-estimés.
Retrouvez l'épisode un.