Le parc immobilier tertiaire – bureaux d’entreprises, locaux commerciaux, parkings privatifs, entrepôts, terrains, bâtiments des collectivités, hôpitaux… – est responsable de 17 % de la consommation d’énergie finale en France, selon l’Ademe. Afin de réduire ce taux et de mettre en place la transition énergétique dans le secteur tertiaire, le décret n° 2019-771, relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire, et bien connu sous le nom de « décret tertiaire », a été publié le 23 juillet 2019.
Réduire la consommation énergétique de - 40 à - 60 %
Ce dernier impose une réduction progressive de la consommation d’énergie dans les bâtiments et parties de bâtiments à usage tertiaire de 1 000 m2 et plus afin de lutter contre le changement climatique. Les objectifs : à partir d’une année de référence, 2010, réduire la consommation énergétique de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. Autre possibilité, « atteindre un niveau de consommation d’énergie finale en valeur absolue, correspondant à une utilisation efficace et économe de l’énergie, équivalente à celle de bâtiments nouveaux de la même catégorie », détaille l’Ademe.
Le décret concerne tant les bâtiments tertiaires marchands (commerces, transports, activités financières, services rendus aux entreprises, services rendus aux particuliers, hébergement- restauration, immobilier, information-communication) que non-marchands (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale). Quelques rares exceptions concernent les constructions provisoires (permis de construire précaires), les lieux de culte, les activités à usage opérationnel à des fins de défense, de sécurité civile ou de sûreté intérieure du territoire.
Le décret tertiaire, levier pour le marché des PAP et portes industrielles ?
Si les acteurs du marché s’attachent à communiquer sur la place des portes automatiques piétonnes et portes industrielles pour répondre aux exigences du décret tertiaire, appuyés par le travail du Groupement Actibaie, il faut encore expliquer et convaincre. Cela avec un argument phare : « On sait aujourd’hui que les portes automatiques font économiser près de 20 % d’énergie par rapport à des portes manuelles », rapporte Yannick Bocquet, dirigeant de Softica. Pour autant, les mentalités évoluent. « L’aspect écologique et économique commence à faire son chemin. Il y a peu, nous étions obligés de soumettre ce sujet à nos clients, ils n’en parlaient jamais. Les choses bougent doucement, notamment grâce au décret tertiaire, même s’il n’est sans doute pas encore assez appliqué à mon sens. La réflexion sur les économies d’énergie existe depuis plusieurs années. Mais jusqu’à maintenant, on parlait d’isolation extérieure, les portes n’entraient pas en jeu. Désormais, cela devient un sujet, et c’est notamment grâce au décret », conclut Robin Heilig.
Entrées d’air quotidiennes
Pour répondre aux exigences du décret tertiaire, les bâtiments concernés doivent faire l’objet de mesures spécifiques. On pense souvent à revoir l’isolation, le système de chauffage ou de climatisation ou à la place de la lumière naturelle. « Il est très rare que soit mis en avant le rôle des fermetures, alors qu’elles sont fondamentales dans la consommation énergétique d’un bâtiment », indique Marie-France Javey, présidente de Javey, qui explique : « Une porte industrielle mal isolée ou mal posée peut ruiner tous les efforts faits au niveau de l’enveloppe thermique du bâtiment. Les portes sont souvent des points de fuite invisibles. »
Même son de cloche pour Robin Heilig, responsable commercial régional de Portalp : « C'est par les fermetures qu'il y a le plus d’échanges thermiques. Au-delà de l’isolation des vitrages ou de l’étanchéité de la pose, c’est par les portes que se font les entrées d’air quotidiennes. À chaque ouverture, il y a un volume d’air extérieur assez important qui entre dans le bâtiment et qui provoque une perte d’énergie. Avec les portes automatiques piétonnes, le problème est quasi annuel, entre le chauffage et la climatisation. » Sans compter qu’à la demande des architectes, les portes sont de plus en plus volumineuses, or plus elles sont grandes, plus les volumes d’air échangés sont importants. « Avant, nous étions sur des portes de 1,40 m sur 2,10 m, aujourd’hui elles atteignent souvent 1,80 m ou 2,40 m sur 2,50 m ou 2,60 m », détaille Robin Heilig.
Il convient donc d’équiper les bâtiments de produits performants qui minimisent au maximum les fuites d’air et qui participent à limiter les volumes d’air entrant.
À suivre... Les leviers permettant aux fermetures de participer à la diminution de la consommation énergétique.