Les portes automatiques piétonnes à isolation thermique, gammes dédiées aux fermetures de l’enveloppe du bâtiment, contribuent à réduire les coûts de chauffage et de climatisation en limitant les échanges thermiques entre l’intérieur et l’extérieur d’un bâtiment.
Ces portes sont équipées de profils à rupture de pont thermique. Les profils, en aluminium, sont séparés entre l’extérieur et l’intérieur par une barrette isolante, généralement en polyamide, qui empêche la transmission de la chaleur ou du froid.
Nicolas Bouvard, responsable technique chez Record et président de la commission de normalisation P25C pour les portes automatiques piétonnes, rappelle l’importance, également, de la qualité performance du vitrage. « Ce dernier représente de l’ordre de 95 % de la surface du vantail d’une porte automatique piétonne. Il joue donc un rôle primordial dans l’isolation », explique-t-il. « Mais les profils ont une incidence certaine sur la transmission de chaleur ou de froid à l’intérieur du bâtiment. Avec les versions à rupture de pont thermique, il y a une véritable barrière à l’entrée de la chaleur ou du froid extérieur. » Performances qui jouent dans les deux sens : les profilés empêchant le chauffage ou la climatisation diffusée dans le bâtiment de sortir dans la rue.
Point de vigilance
La performance thermique est représentée par la quantité de chaleur qui s’échange au travers d’un produit. Elle est désignée par la valeur Ud pour les portes (« d » signifiant door), à ne pas confondre avec Uw pour les fenêtres (« w » pour window)et Ug pour le vitrage (« g » pour glass) et s’exprime en W/m2.K. Plus cette valeur est basse, plus l’isolation est performante. Certains fabricants ont développé des calculateurs en ligne permettant de connaître la valeur Ud en fonction des dimensions et de la configuration de la porte.
Aller plus loin
Si les portes automatiques piétonnes sont déjà reconnues comme un produit efficace face aux déperditions énergétiques, les fabricants cherchent à aller encore plus loin. « L’isolation thermique d’une porte est basée sur des calculs qui ne prennent pas forcément en compte la perméabilité à l’air. Or pour renforcer l’enveloppe, la porte doit être le plus étanche possible à l’air », explique Nicolas Bouvard. « On sait que plus une porte est étanche à l’air et moins il y a de transmission d’un courant d’air par des interstices qui peuvent se trouver en bas de la porte par exemple. Par ailleurs, une bonne étanchéité à l’air contribue non seulement à une performance thermique plus élevée mais peut également permettre d’avoir une bonne isolation phonique, ce qui peut être intéressant en fonction des lieux. »
À l’image de ce qui est recommandé dans l’étude sur l’efficacité énergétique des portes automatiques piétonnes réalisée par Pouget Consultant (voir ci-dessous), Record a développé récemment une solution permettant d’adapter le fonctionnement de la porte, notamment ses vitesses d’ouverture et de fermeture et ses temps de pause d’ouverture, à la météo locale et aux températures intérieures du bâtiment.
S’il y a une différence de température importante entre l’intérieur et l’extérieur, la porte s’ouvrira et se fermera un peu plus vite pour limiter les pertes de chaleur ou de climatisation, tout en continuant à garantir la sécurité des usagers. Sachant que certaines portes s’ouvrent des centaines de millier de fois en une année, les économies d’énergie de chauffage et de climatisation réalisées peuvent être très intéressantes.
Si la température extérieure et celle du magasin sont similaires, au contraire, la porte restera ouverte plus longtemps afin que l’intérieur profite de la température extérieure, limitant ainsi les systèmes de chauffage et de climatisation. Résultats : confort pour l’usager et économie d’énergie et financière.
Avantages des PAP face aux portes manuelles
L’étude sur l’efficacité énergétique des portes automatiques piétonnes, réalisée par Pouget Consultant à la demande du groupe métier portes automatiques piétonnes du Groupement Actibaie en 2024, présentait les avantages des PAP face aux portes manuelles : réduction des besoins de chauffage et de refroidissement, et donc économie énergétique et financière.
L’hypothèse générale partait d’un commerce de 135 m2. Quatre configurations étaient proposées : la présence d’une seule façade vitrée, celle d’un obstacle aux rayons solaires (tel qu’un mur), la localisation dans quatre villes différentes (Marseille, Nantes, Nancy et Paris) et quatre orientations de la façade (nord, ouest, est et sud). Les études avaient été menées avec quatre types de portes différentes. L’axe de travail portait sur la comparaison des différentes ouvertures : absence de porte, porte manuelle et porte automatique.
Gains de chauffage de 30 à 50 %
Si les résultats évoluent en fonction des critères, l’étude indique néanmoins qu’adopter une gestion automatique présente des gains moyens de 10 % par rapport à une gestion manuelle. Soit entre - 10 kWh m2 et - 15 kWh/m2. Sachant que le local fait 135 m2, il s’agit donc de plusieurs centaines de kilo-watt-heures économisés sur une année. Partant d’un tarif EDF de près de 0,25 euro en 2024, cela représentait alors quelques centaines d’euros économisés. Les résultats sont encore plus intéressants lorsque l’on compare une porte automatique avec une porte manuelle ouverte tout le temps : entre - 55 kWh/m2 et - 87 kWh/m2 selon les villes.
Concernant les besoins de climatisation et durée d’inconfort, lorsque les températures extérieures sont trop élevées, une automatisation des PAP permettra de réduire les apports de chaleur. Pour aller plus loin, l’étude précise qu’une automatisation liée aux températures extérieures et intérieures, voire à la vitesse du vent, pourrait permettre d’ajuster la précision d’ouverture, apportant des gains plus significatifs pour la période de refroidissement. « Une modélisation sur un temps plus fin avec un outil de simulation plus précis affinerait l’analyse de ces modes de gestion », peut-on lire en conclusion de l’étude.
Outil d’aide à la prescription
« L’étude thermique de Pouget Consultant, initié par le Groupement Actibaie, est bien plus qu’un rapport technique. C’est un outil d’aide à la prescription afin de crédibiliser notre argumentaire et d’ancrer durablement les portes automatiques dans le paysage urbain, quels que soient les types de bâtiments, témoigne Pierre Ruffin Demestre, directeur commercial de Record. Elle prouve que les portes automatiques ne sont pas seulement synonymes de confort et d’accessibilité, mais aussi d’efficacité énergétique. Les données indiquées dans l’étude nous permettent de montrer à nos clients qu’écologie rime avec confort et sécurité. C’est un travail de fond, sur le long terme. »