Les volets ont dû être restaurés en respectant minutieusement l’esthétique et l’architecture des volets d’origine, à droite sur la photo.
L’Ehpad de Saint-Maur, situé à Toulon (83), s’étend sur 9 500 m2 habitables et dispose de 130 lits, dont 13 en unité de vie protégée, ainsi que deux unités de pôle d’activité et de soins adaptés.
Construit en 1854 pour accueillir un pensionnat de jeunes filles, le bâtiment a été transformé en Maison de Famille en 1906, puis en maison de retraite en 1982. L’Ehpad actuel a vu le jour en 2006, à la suite d’une importante rénovation assortie d’une extension.
Avis des architectes des Bâtiments de France
Implanté au cœur d’un quartier résidentiel, l’établissement, géré par l’association à but non lucratif Saint-Maur, compte plus de 200 fenêtres et portes-fenêtres équipées de volets en bois en fin de vie. Leur restauration est soumise aux contraintes des Bâtiments de France et de l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, nécessitant l’avis des architectes des Bâtiments de France pour préserver l’esthétique d’origine
À cela s’ajoutent deux autres impératifs : les nouveaux volets doivent garantir une ventilation naturelle et une manipulation facilitée pour les résidents.
Une pose intérieure en site occupé
L’installation des volets s’est faite en site occupé, nécessitant une organisation rigoureuse de la part d’Inter Stores. La pose a été réalisée chambre par chambre entre midi et 14 heures afin de ne pas déranger les résidents, absents de leur chambre sur ces horaires. Quatre volets ont été posés par jour en moyenne. « La prise de cotes, réalisée gond à gond, a été une étape déterminante pour garantir la parfaite correspondance entre les pentures et les ancrages existants sur la façade. Cette précision a permis une pose millimétrée, réalisée depuis l’intérieur du bâtiment par deux de nos poseurs, sans recours à une nacelle, grâce à une technique brevetée propre à Ehret », détaille Rémi Agostinetti, métreur et responsable qualité d’Inter Stores.
Reproduire l’aspect du bois
Une étude de marché a été menée pour sélectionner l’entreprise chargée de la réfection complète. Le choix s’est porté sur Inter Stores, spécialiste de la protection solaire et de la menuiserie extérieure aluminium, « Top partenaire » Ehret.
es volets d’origine étaient en bois, à lames biseautées et d’un vert spécifique. « L’objectif était de reproduire à l’identique l’esthétique et l’architecture des volets existants tout en améliorant la praticité et la durabilité », explique Maurice Billo, président de l’association Saint-Maur.

© Ehret
Un vert pâle structuré mat à léger grain a été choisi pour reproduire l’aspect du bois, y compris sur les accessoires comme les têtes de bergères.
L’aluminium s’est imposé pour sa légèreté, sa robustesse et sa facilité d’entretien. Le modèle Paris d’Ehret, composé de lames biseautées et capables d’intégrer des formes en plein cintre, des traverses spécifiques et des pentures festonnées, a été retenu. Chaque volet a été fabriqué sur mesure, les lames recoupées pour épouser au millimètre la courbure des ouvertures. La teinte RAL 6019, un vert pâle structuré mat à léger grain, a été choisie pour reproduire l’aspect du bois, y compris sur les accessoires (pentures, fixations, têtes de bergères), laqués dans la même couleur.
La technique développée par l’industriel permettant de créer des volets avec des lames ajourées jusque dans les parties cintrées confère aux produits un aspect de persienne traditionnelle, et notamment pour les ouvertures en arc.
Améliorations fonctionnelles
Le succès du projet a largement reposé sur une étroite collaboration entre Inter Stores, Ehret et l’association. Une visite technique préalable d’Aurélia Comte- Marton, responsable technicocommerciale d’Ehret, et d’Isabel Ferreira, commerciale chez Inter Stores, a permis d’analyser les contraintes du bâtiment, de définir les besoins et de développer un prototype validant la solution retenue. Ce modèle incluait des améliorations fonctionnelles telles qu’une fermeture à l’espagnolette pour ventiler tout en protégeant du soleil, ainsi qu’une poignée facilitant la manipulation par les résidents autonomes.

© Ehret
Grâce à cette collaboration minutieuse, chaque volet a été conçu individuellement, en tenant notamment compte des écarts d’entraxe entre les fenêtres du bâtiment. Les gonds d’origine ont été conservés. Ce sont ainsi les volets qui sont adaptés à leur position, et non l’inverse. Les volets du rez-de-chaussée mesurent 1 m de large sur 3 m de haut, avec une forme en plein cintre et quatre pentures verticales, contre trois pour ceux des étages, hauts de 2 m.
Au final, 80 vantaux ont été posés lors de cette première phase de réhabilitation, les travaux devant s’échelonner sur trois ans afin de respecter le fonctionnement et le quotidien de l’établissement.