« Logement, le mal aimé de la République ». C’est par ces mots sans ambiguïté qu’Olivier Salleron a lancé sa traditionnelle conférence de presse sur la conjoncture du bâtiment, rappelant que la situation est grave et qu’il est impératif qu’il y ait une prise de conscience face à une crise du logement qui n’en finit plus.

De manière globale, 2026 ne s’annonce guère mieux que 2025, avec une faible croissance du PIB (+0,9 %), une forte érosion des taux d’épargne des ménages et une légère hausse du chômage. Seul point positif : la stabilisation des taux d’intérêt.

Plus spécifiquement, le secteur du bâtiment ne s’en sort pas mieux, avec l’absence, pour le moment, d’un plan de finances 2026. Le président de la FFB alerte sur les conséquences si le PLF n’était pas adopté :

- Pas de statut du bailleur privé.

- Retour à une RLS* de 1,3 milliard d’euros (au niveau de 2024).

- Baisse de 500 millions d’euros du budget de MaPrimeRénov’ (éventuellement compensée par plus de CEE).

- TVA remontée à 20 % pour les PAC hybrides et le solaire.

- Réduction de 500 millions d’euros du Fonds vert.

Des chiffres concrets

Concrètement, on constate un sursaut du logement neuf, porté par l’individuel (+14 % de permis de construire et + 14,9 % de mises en chantier) et la réactivation du PTZ en avril 2025, alors que le collectif sombre (-7,2 et -2 %). Mais si les chiffres du neuf sont au global dans le positif (+0,6 et +4,4 %), ils sont à remettre dans leur contexte : le niveau actuel est le plus bas jamais atteint depuis près de 35 ans. Olivier Salleron rappelle l’importance de pouvoir créer un statut du bailleur privé afin de débloquer la situation, de nombreux projets étant en attente, ce qui permettrait d’annoncer la reprise du secteur.

Mauvaise surprise en revanche, les chiffres du non-résidentiel s’écroulent, dû principalement aux bureaux (-7 % de surfaces autorisées et -11,6 % de surfaces commencées) et à l’hébergement hôtelier (-2,5 et -9,3 %). Et si certains bâtiments affichent une progression (bâtiments agricoles et administratifs, commerces…), là aussi ce calcul est réalisé sur des chiffres déjà très bas.

Autre déception et inquiétude, les chiffres de la rénovation énergétique. Annonçant une baisse de 0,5 % en volume en 2026 après -1,1 % en 2025, Olivier Salleron indique que le logement devrait être à +4 ou + 5 %. Une véritable catastrophe pour la décarbonation des bâtiments du pays, principalement due aux atermoiements de MaPrimRénov’. Une situation qui n’est pas près de s’arranger tant que le pays n’a pas de loi de finances.

Même inquiétude pour l’emploi salarié et intérimaire, avec une estimation de – 10 000 postes entre 2025 et 2026.

Conditions de reprise

Pour le président de la FFB, les conditions pour permettre la reprise sont claires : avoir une loi de finances et une loi de finances de la sécurité sociale, qui permettrait :

- La mise en place d’un statut du bailleur privé véritablement incitatif.

- La baisse de la RLS* de 1,3 Md€ à 0,9 Md€

- Le maintien du Fonds vert pour accompagner la transition écologique des collectivités locales.

- Le maintien du financement public d’apprentissage pour les premiers niveaux de formation (CAP, BP, Bac pro et BTS) dans les CFA de la profession.

Autre impératif : la refonte efficace et pragmatique de la REP PMCB au 1er janvier 2026 et une réflexion globale sur la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’ et les CEE, lutte contre la fraude, fonds verts…)

L’avis de la Commission mixte paritaire

Les yeux sont désormais tournés vers la commission mixte paritaire, qui se réunit vendredi 19 décembre, et qui a pour mission de concilier l’Assemblée nationale et le Sénat sur l’adoption – ou non – du plan de finances 2026. Rappelons quand même que le dernier mot reviendra à l’Assemblée nationale…

*Réduction des loyers solidaires