Je regarde le podcast :
Technic’baie : Vous finissez votre premier mandat à la tête du Groupement Actibaie. Qu’avez-vous retenu de ces trois années ?
Philippe Seas : Ça a été trois années très enrichissantes. Avec le conseil d’administration, nous avons pu nous impliquer dans différents projets. Je connaissais bien sûr la partie immergée de l’iceberg, mais pendant ce mandat, j’ai pu plonger et découvrir toute la partie sous-jacente, en lien avec la Fédération française du bâtiment, le groupe Métallerie et les différents syndicats rattachés à ce groupe. C’est un énorme réseau par lequel nous allons pouvoir faire avancer nos projets. Les présidents qui m’ont précédé ont tous dit qu’ils avaient eu trois années pour comprendre le syndicat et trois années pour réaliser ce qu’ils avaient envie de faire… Je suis d’accord avec eux, même si je pense avoir quand même réalisé quelques projets avec le conseil d’administration et le bureau pendant ce premier mandat !
Technic’baie : Quels ont été les travaux engagés pendant ces trois ans ?
Ph.S. : Nous avons veillé à mettre toujours plus en avant le confort d’été, que ce soit politiquement, médiatiquement et auprès des professionnels.
Nous avons obtenu l’application de la TVA à 5,5 % sur certains de nos produits comme les volets battants, les stores à projection… Cela a été une vraie réussite. Je précise que l’ensemble des produits concernés sont disponibles dans les documents édités par le Groupement.
Autre fierté, la mise en œuvre de Caleepso, le configurateur d’économies d’énergie. Accessible à tous sur internet, chacun peut en quelques clics s’apercevoir des bienfaits thermiques des stores, des protections solaires mais aussi des fermetures.
Je veux également citer l’accompagnement de nos adhérents, avec la FFB, face à la REP PMCB, qui est un véritable feuilleton.
« Nous devons augmenter encore la visibilité du Groupement, et donc de la profession, et ce dans tous les métiers que nous représentons. »
Technic’baie : Il y a également eu le travail sur les nouvelles FDES…
Ph.S. : Il s’agit d’un gros travail de nos permanents, Alban Lefeuvre, responsable métier, et Hervé Lamy, délégué général du Groupement, et des équipes derrière eux, pour permettre à nos adhérents fabricants de profiter des FDES collectives, avec un configurateur, De-Baie, qui permet de personnaliser les FDES afin qu’elles soient spécifiques à leurs fabrications.
Enfin, je tiens à rappeler la création du score de réparabilité, qui permet de s’apercevoir que nos produits sont déjà assez avancés dans la réparabilité, même s’il faut bien sûr poursuivre les efforts pour aller plus loin. C’est primordial pour parler recyclabilité et seconde vie.
Technic’baie : Quelles étaient vos souhaits d’un point de vue plus institutionnel ?
Ph.S. : Augmenter encore la visibilité du syndicat, et donc de la profession, et ce dans tous les métiers que nous représentons. Nous sommes allés à la rencontre des organismes gouvernementaux, pour être reconnus et être entendus, que ce soit au ministère du Logement, de la Culture, à l’Assemblée nationale… Nous sommes de plus en plus présents et de plus en plus écoutés.
Et puis, parallèlement, nous avons travaillé pour accompagner nos adhérents, et particulièrement les fabricants, face aux évolutions réglementaires. Je pense notamment au passeport numérique, au règlement des produits de construction, le RPC… Tous ces points qui sont assez complexes et bureaucratiques. Là encore, nos équipes de permanents et certaines entreprises adhérentes ont travaillé, et travaillent encore, pour traduire ce que veut la Commission européenne, mais également essayer de se faire entendre auprès du gouvernement français.
Technic’baie : Vous avez précisé plusieurs fois l’importance d’ouvrir le Groupement Actibaie aux installateurs. Où est-ce que cela en est ?
Ph.S. : C’est un travail bien entamé, mais pas encore à la hauteur que nous nous étions fixée avec le conseil d’administration. Le syndicat représente près de 2 900 installateurs, qui ne savent pas forcément qu’ils sont membres ! Nous rencontrons donc les têtes de réseaux, qui sont proches des installateurs, et notamment des très petites entreprises, pour travailler avec elles sur des points normatifs, de règles de l’art… Et leur dire de nous rejoindre.
« Le Groupement Actibaie est un des rares syndicats professionnels qui regroupe à la fois les fabricants et les installateurs. »
Technic’baie : Autre sujet phare de votre mandat : la formation…
Ph.S. : Complètement, et cela à l’image de mes prédécesseurs. Nous avons développé les formations Smart Solar Shading, initiées par Es-so, l’association européenne des protections solaires. Il s’agit d’une formation d’une journée pour comprendre la valeur de la thermique du bâtiment, de ce que peut apporter le store extérieur afin d’éviter de dépenser de l’énergie. L’objectif est de pouvoir ensuite « propager la bonne parole » auprès des différents acteurs – architectes, clients, politiques…
Par rapport aux Certificats de qualification professionnelle, les CQP, il nous manquait l’étape de la formation, puisqu’ils étaient jusqu’alors proposés à des personnes qui avaient plus de deux ans d’expérience dans une entreprise. Désormais, nous avons un partenariat avec le lycée Gabriel Péri, à Champigny-sur-Marne, en Île-de-France. Ce que l’on espère bien sûr, c’est de pouvoir développer cela dans d’autres régions de France.
Technic’baie : Cela fait trois années bien remplies… Et pour les trois prochaines ?
Ph.S. : Continuer ! Nous devons poursuivre pour être de plus en plus entendus. Qu’il s’agisse de la REP PMCB, des FDES, des règlements européens. Pour le passeport numérique ou la RPC, nous sommes en lien avec d’autres syndicats professionnels comme le SNFA ou l’UFME pour avancer ensemble sur le sujet.
Technic’baie : Il y a aussi ce lien avec la FFB…
Ph.S. : Tout à fait. La Fédération française du bâtiment est un énorme réseau national, organisé en antennes départementales. Il peut être opportun d’avoir, dans chaque département, un ambassadeur du Groupement pour que les 2 700 installateurs puissent se sentir partie prenante du syndicat. Je compte bien porter ce message auprès de Frédéric Carré, futur président de la FFB, qui nous a fait l’honneur de passer à notre dernier Actiday. Je solliciterai son appui.
Technic’baie : Quels sont les grands enjeux à venir pour la profession ?
Ph.S. : Il s’agit d’enjeux sociétaux : dépendances énergétiques, réchauffement climatique, adaptation des logements et bâtiments tertiaires comme les écoles et les hôpitaux… Une étude indique que plus de neuf millions de logements ne sont pas adaptés au réchauffement climatique et que d’ici à 2030, donc c’est très rapide, ce chiffre devrait passer à plus de 20 millions. Or nous avons des produits passifs, non-énergivores, performants et français qui font partie des solutions pour améliorer les choses. Il faut le faire savoir !
Et puis, parallèlement, nous avons un fort enjeu de sécurité, notamment avec les portes automatiques piétonnes, les portails… Nous y veillons particulièrement, que ce soit en termes de produits ou de maintenance.
Technic’baie : Le Groupement Actibaie a élu son nouveau conseil d’administration. Pourquoi s’engager dans une organisation professionnelle ?
Ph.S. : À titre individuel, c’est très enrichissant. Au titre de l’entreprise, cela permet d’être « là où il faut être », de participer à faire bouger les choses, d’avoir du poids face aux décisions politiques.
Technic’baie : Le 26 mars dernier, le Groupement a réuni la profession lors de sa journée métier, Actiday. Est-ce que finalement être ensemble, travailler ensemble, ça serait votre mot de la fin ?
Ph.S. : Exactement. C’est le plus important. Plus nous serons ensemble, plus il y aura d’adhérents, plus les choses avanceront. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Je le précisais dans mon discours d’introduction lors de l’assemblée générale : nous n’attendons pas seulement les responsables de société pour faire bouger les choses, mais également leurs collaborateurs qui se sentent une compétence particulière et qui peuvent dégager du temps pour travailler ensemble. On ira d’autant plus vite. l