Technic’baie : Quelle est l’origine des réseaux ?
Clément Rohée : Les réseaux, comme nous les connaissons en France, sont une spécificité nationale. Dans les années 1990, quand on parlait d’équipements autour de la menuiserie, cela réunissait autant les ébénistes que les storistes ou fabricants de fenêtre. Les artisans ont donc choisi de se fédérer pour mieux communiquer ensemble autour d’une seule cause et de multiples produits. Cela a par la suite amené à quatre types distincts de réseaux : les indépendants, ceux affiliés à un industriel, les franchisés et, éventuellement, les agréés. Ils ont chacun des logiques différentes.
Technic’baie : C’est-à-dire ?
C.R. : Si l’on s’arrête sur les deux premières typologies, les indépendants communiquent ensemble sans marque privilégiée pour rayonner nationalement. C’est plus facile avec un nom unique sur tout le territoire et en se partageant les méthodes et les outils. Cela permet de combler la solitude du chef d’entreprise, de pouvoir échanger sur la formation, les outils de management, mutualiser la communication ou la manière de mieux acheter. Et puis un réseau, c’est aussi la possibilité de partager ses succès, ses échecs et ses problématiques avec ses pairs, d’avoir des conseils, des retours d’expérience, et de prendre de la hauteur. Les réseaux affiliés coconstruisent avec l’industriel de manière privilégiée. Ils peuvent être affiliés à 100 %, ce qui veut dire que l’industriel fournit l’ensemble du plan produit. Autre possibilité, n’être affilé qu’en partie. L’industriel ne propose alors qu’un seul plan produit, ce qui permet de se tourner aussi vers d’autres marques.
Le réseau est là pour accompagner le chef d’entreprise sur le management des équipes, les plannings, la communication et les diverses situations auxquelles il peut être
Technic’baie : Qu’est-ce qui fait un bon réseau aujourd’hui ?
C.R. : Je ne sais pas s’il y a de bons ou de mauvais réseaux, mais ce qui est important, c’est la valeur qui ressort du réseau. La valeur ajoutée des produits - la capacité à faire de « l’upgrade » -, de ce qui est mis en place pour que les adhérents vivent bien leur position de chef d’entreprise, et d’entreprise tout court. La question doit être « qu’est-ce qu’apporte ce réseau ? ». Est-ce qu’il s’agit juste d’une centrale d’achat ou est-ce qu’il y a de la valeur ajoutée en termes d’expérience client, de communication, de services, de prestation et de formation ?
Technic’baie : Justement, quelle est la place donnée à la formation ?
C.R. : Au-delà des salariés, qui vont être formés aux produits, le réseau est là pour accompagner le chef d’entreprise sur le management des équipes, les plannings et les diverses situations auxquelles il peut être confronté. L’objectif est de se former pour pouvoir ensuite faire monter ses équipes en compétences. Ce qui fait la différence face aux autres entreprises, c’est notamment le fait d’avoir des équipes stables. Or, il y a une véritable notion de fidélisation à travers la formation.
Technic’baie : Qu’est-ce que cela représente de s’investir dans un réseau ?
C.R. : C’est avant tout adhérer aux principes fondamentaux du réseau, accepter de partager, de communiquer et d’échanger. C’est aussi y consacrer du temps. Tous les réseaux ne fonctionnent pas forcément exactement pareil mais il y a toujours des commissions « techniques », « achats », « service »… pour orienter le réseau en fonction du besoin des adhérents. Aujourd’hui, un réseau sans adhérents engagés ne fonctionne pas. Il faut donc s’investir et porter les couleurs et les valeurs du réseau.
Technic’baie : Vous êtes en charge des réseaux au sein du Groupement Actibaie. Pour quoi avoir voulu créer un pôle spécifique au sein de l’organisation professionnelle ?
C.R. : Le Groupement réunit les portes, les portails, les volets et les stores. L’objectif est de fédérer la filière d’une certaine façon, et notamment en accompagnant les installateurs sur un niveau « organisation du quotidien », mais également en ce qui concerne les projets de normes, nationales ou européennes, les bonnes pratiques techniques et les bonnes pratiques réglementaires. Individuellement, les réseaux n’auront pas assez de puissance pour faire modifier telle ou telle réglementa tion. Les intégrer au Groupement Actibaie, c’est intégrer tous les installateurs qui les composent.
Un réseau sans adhérents engagés ne fonctionne pas. Il faut donc s’investir et porter les couleurs et les valeurs du réseau.
Technic’baie : Cela permet de renforcer la présence des installateurs au sein du Groupement, qui est un des objectifs du président Philippe Seas…
C.R. : Les installateurs sont effectivement le maillon de la chaîne le moins représenté au sein du Groupement Actibaie. Et pourtant l’idée est de leur faciliter la vie. Notamment grâce aux outils proposés – fiches FDES, guides pratiques d’installation, guides normatifs….
Les industriels peuvent communiquer auprès des consommateurs sur leurs produits, cela ne servira pas à grand-chose si nous ne sommes pas convaincus que les professionnels de la vente BtoC et de la pose ont une valeur ajoutée, en termes de technique, de service, de maintenance. Notre rôle est aussi de les aider à faire passer le message.
Technic’baie : Est-ce que le Groupement représente autant les réseaux d’indépendants que ceux affiliés à un industriel ?
C.R. : Oui ! Néanmoins, les réseaux d’affiliés bénéficient de la force de communication de l’industriel et ont déjà des dispositifs prêts. L’enjeu est donc peut-être un peu plus présent du côté des indépendants. Mais notre volonté est de représenter la filière dans sa globalité, sans oublier aucun acteur contributeur de cette filière.
Technic’baie : Le réseau comme facilitateur du quotidien des installateurs, finalement, ce serait un peu votre mot de la fin ?
C.R. : Se réunir pour mieux faire ensemble, c’est une évidence. Faciliter le quotidien et partager des valeurs communes. Communiquer, partager, apprendre, échanger… Les installateurs doivent retrouver tout cela au sein de leur réseau.
Notre volonté est de représenter la filière dans sa globalité, sans oublier aucun acteur contributeur de cette filière.
Sur le meme sujet, retrouver notre article Réseaux indépendants : le collectif, la force des installateurs